Il n’y a pas de rupture nette.
Pas de point identifiable.
Rien qui bascule d’un seul coup.
Tout semble encore tenir.
Tout semble encore circuler.
Et pourtant, cela ne répond plus.
Pas dans les faits.
Pas dans les gestes.
Mais dans ce qui les reliait.
Au début, c’est infime.
Une absence sans forme.
Une continuité qui ne porte plus.
Les mots sont là.
Les réponses aussi.
Mais quelque chose ne prend plus.
Ce n’est pas un manque.
C’est un retrait.
Ce qui tenait ne soutient plus.
Ce qui circulait ne relie plus.
Alors, les gestes persistent.
Les structures restent en place.
Les flux continuent de passer.
Mais sans effet réel.
Certains insistent.
Ils renforcent.
Ils accélèrent.
Ils optimisent.
Comme si cela pouvait revenir.
D’autres ralentissent.
Sans savoir pourquoi.
Ils sentent que quelque chose a cédé.
Mais rien ne permet de le nommer.
Ce n’est pas visible.
Ce n’est pas mesurable.
Ce n’est pas partageable.
Et pourtant, c’est irréversible.
Ce qui cède ne fait pas de bruit.
Mais à partir de là,
plus rien ne tient vraiment.
Et plus rien ne circule comme avant.
