ŒUVRE EN RÉSONANCE
CE QUE LA NEIGE
RECOUVRE
La neige recouvre les traces,
pas les absences.
CE QUI RESTE
Il y a les faits.
Les dates.
Les documents.
Et puis il y a ce qui ne tient dans aucune ligne.
DOCUMENT
Ce qui peut être établi.
Le réel documentaire impose une discipline.
Ne pas combler les vides. Ne pas transformer une hypothèse en fait. Ne pas substituer l’émotion à ce qui peut être vérifié.
Chaque pièce, chaque source, chaque parole prend place dans une architecture où la précision compte autant que ce qu’elle révèle.
TRACE
Ce qui a laissé une marque.
DOCUMENT
Ce qui peut encore être lu.
SILENCE
Ce qui ne répond plus.
ABSENCE
Ce qu’aucun document ne referme.
Que peut encore la littérature
lorsque le réel a déjà eu lieu ?
CE QUE LE TEXTE REFUSE
Réduire.
Spectaculariser.
Parler à la place.
Le texte ne vient pas refermer.
Il vient maintenir ouvert ce qui mérite encore d’être regardé.
CE QUE LA NEIGE RECOUVRE
Il existe des absences
que le temps ne transforme pas en passé.
MÉMOIRE
Ce qui ne doit pas disparaître avec la trace.
FAITS
Ce qui peut être établi, daté, documenté.
VOIX
Ce que les témoignages déplacent dans le récit.
ABSENCES
Ce qui demeure irréductible à toute reconstruction.
TRACE
Ce qui reste lorsque le visible s’efface.
TRACE
La neige peut tomber.
Elle ne décide pas de ce qui doit être oublié.
Ce qui demeure oblige encore à regarder.